Monde zero : Où suis-je ?

Publié le par Coeur d'OE

                                                                
Montréal - Québec,

grande ville nord-américaine d'où j'ai établit le camp de base pour la réalisation du Coeur d'OE, blog à penser; terrain de jeu pour une nouvelle vie à rêver.
J'ouvre ma1ere bulle de conscience par cette question toute simple :
Où suis-je ?
Cette interrogation peut vous paraître le signe que votre narrateur est une personne perdue, noyée dans un océan de mystère, en un mot qui a un problème existentiel de taille. C'est une question qui ne se pose même pas dans notre monde ordinaire.
Pensé différemment, ce problème est celui de la souffrance, de la vieillesse et  de la mort. 

Habituellement, dans une telle situation, les traditions dites spirituelles s'efforcent de guérir l'esprit que l'on désigne comme source de toutes nos expériences. La guérison survient la plupart du temps en cherchant à calmer notre esprit par une attention douce et neutre.
Pour ma part, je trouves que tout ceci manque de réalisme et que s'il suffit de trouver la paix pour l'atteindre, je ne l'atteindrais jamais.
Et quand bien même, par quelque miracle de la nature, il me serait permit de l'atteindre un instant, ce ne serait que par le recours d'artifices ou autres pratiques méditatives du même acabit, et surtout d'un lieu, d'un moment de silence, de loisir et donc de détente. Perdu et emporté par la foule montréalaise, tiraillé par milles sollicitations, cet espace de paix ne serait plus qu'un lointain souvenir... "Je me souviens".
Cet état se trouves en fait dans la même situation que moi au départ, son problème est le même.
Ce qui me frappe à ce stade du questionnement, c'est que je parles de cet état de calme comme s' il était autre chose que moi-même, un double cosmique.
Illusion classique sur le chemin de l'éveil de la conscience.
Mais alors, quand je ne suis pas dans cet état, où suis-je ?

Voyons un peu sur le terrain phénoménologique ce qu'il en retourne : Suivant la suggestion d'un vieil ami du Web, j'utiliserai mon doigt en guise de 3ème oeil, pour décrire ce que je vois, et me situer dans tout cela.
   D'abord, un peu comme un enfant qui désigne ses persécuteurs, je pointe du doigt ce qui est devant moi.
Je peux voir un espace rempli de couleurs et de choses avec des textures totalement différentes, et ce qui est frappant, c'est qu'elles occupent chacune un espace propre. En fait, je peux voir quelles s'excluent mutuellement, l'une cachant l'autre (et vice versa). De plus, je note que ces formes changent suivant l'éclairage et la perspective du regard. Poursuivant avec mon doigt "magique" cette investigation phénoménologique, j'aperçois mon reflet dans le miroir : A partir de là, je me dis le plus objectivement possible : " Bon, ici dans le miroir, ne suis-je pas cette chose, cette personne ?" J'existe dans le temps et l'espace comme les autres choses, je suis donc voué à disparaître et à mourir sans échappatoire possible...
Je réalise soudain que pour le moment, je suis encore en phase ascendante mais qu'il n'y a qu'une seule trajectoire possible... Les JEUX sont faits...
Vraiment dépité par ce constat, mon bras s'abaisse du même coup tout seul comme dégonflé.
Mon doigt encore dressé pointe désormais vers le sol, ou plutôt mes jambes et mes pieds. Encore des éphémères en pantoufles me dis-je à moi-même en soupirant. Poursuivant cette descente vers le fond, vers l'abstrait pour ne pas dire l'absurde, je vois ma poitrine respirante qui se soulève et s'abaisse, comme pour me rappeler que tout est voué à apparaître et à disparaître.
"Tout doit disparaître" : Période de soldes oblige, cette maxime dupliquée durant ces mois de Boxing day dans tous les magasins de la ville, me rappelait que si tout devait en fait disparaître, il n'y avait rien d'étonnant à voir le nihilisme guider nos moeurs au travers nos habitudes de consommations et par attraction, créer un terrorisme tout aussi nihiliste et aveugle depuis "nine eleven". Telle était donc la maxime du monde !
Je ne suis qu'un reflet dans un miroir, une trace sur la vitre du néant.

Encore plus dépité encore, mon bras se replie tel un rideau qui se lève sur une scène vide.
Vers le haut de cette poitrine donc, et là, quelque chose se passe !
Ou plutôt, une absence de chose...Rien et en même temps un vide-plein, une présence, une non-chose pour accueillir toutes les choses, ce regard sans visage est bien différent de l'absurde spectacle décrit un peu plus haut dans le texte. Et du même coup, j'assiste à la TRANSMUTATION de la vanité des êtres et des choses en un espace vide léger et luminescent.

Ce que le Bouddhisme appelle le DISCERNEMENT : c'est la différence entre cet espace bienfaisant içi et cet espace pesant là bas, à un mètre environ devant moi dans le miroir.  Car la personne que je peux y voir, ce n'est pas moi !
Moi, je suis cet espace vide d'accueil des choses et des êtres qui apparaîssent et disparaîssent dans mon champ de vision.

Et alors, me direz-vous ?
Alors, il n'y a nulle forme, nulle couleur qui ne puisse vieillir et périr, et donc je suis un vide conscient de la vanité du monde. Ce constat est sans cynisme puisqu'il est plutôt la réalisation de cet anéantissement du reflet, ce sacrifice depuis toujours accomplit pour sauvé et accueillir le monde. La Traversée du miroir...
Je suis tout et je ne suis rien. Je suis cette vision pareille à une sphère (ou une BULLE de conscience) dont le centre est partout et la circonférence nulle part. (Mondo zero).
Si cela vous parle, ne me croyez surtout pas sur parole, et vérifiez par vous-mêmes ! C'est essentiel !
Aucun jeu n'est possible, sans expérimentation-validation de votre part de tout ce que je viens de dire.

Maintenant, ce que je veux ajouter, c'est que mon apparence objective, peut bien s'appliquer à rechercher le calme et la paix,  pour moi ce qui compte vraiment, c'est de savoir où elle est.
Elle, avec tous ses problèmes de vieillesse, de maladie et de mort...sont là bas à un mètre de distance et jamais içi, à ZERO centimètres. Je suis le calme et la paix pour accueillir même le manque de sérénité de ce corps et des autres formes qui apparaissent dans cet espace.
VOIR cette absence de noyau dur, au centre de tout mon être, est pour moi à ce jour la seule force capable de dissoudre mes noeuds. Je suis ce moyeu vide, nirvanien, au coeur de la roue du monde. La porte de sortie du devenir de ma légende personnelle. Il y a quelqu'un qui m'a dit, que pour le moment la représentation n'était pas toujours du meilleur goût mais qu'en conservant l'absence içi, je pouvais être certain de la qualité du spectacle là bas à environ un mètre et plus...la concrétisation du désir essentiel du joueur du jeu de la vie qui voit la partie à laquelle il a pris part, devenir veritablement interressante et chargée de sens.

Gratitude.

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Publié dans Jeu d'OE.

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A
bienvenue chez nous, nous avons aussi un blog d'écriture<br /> azacamopol.over-blog.com/<br /> à bientôt peut-être
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C
<br /> Merci de votre accueil Azalais et à la prochaine visite.<br /> <br /> <br />