Apprendre à regarder-être à l'écoute-transmettre : secret du bonheur.
Le secret des 3 singes.
" Ne pas voir - ne pas entendre - ne pas parler".
Certains se souviennent certainement de cet antique secret du Bonheur.
On l'appelait la "vieille école", le temps révolu des gens de fonctionnalités.
A l'heure actuelle, je me trouves dans cette interrogation que soulève cette question :
C'est bien beau de vouloir tout réformer, faire de la REAL politique à la Sarkozy, ou promettre les grands jours avec un slogan de campagne tel que "YES WE CAN", mais à part vouloir tout révolutionner, n'est-il pas utile de considérer plutôt que c'est avant tout nous-mêmes que nous devons révolutionner.
Afin d'éclaircir cet exposé des faits, je vais distinguer içi les gens de fonctionnalité et les gens de légende.
Les gens de légendes, sont les paysagistes du monde moderne. Du récit de la genèse au mythe de Dionysos, en passant par l'odyssée d'Homère et la collection intégrale de Tintin, ils s'approprient les grands mythes fondateurs de l'humanité et les passent à la moulinette de l'Oulipo.
il ressort de ce travail ludique, des contes, des chroniques et des nouvelles détricotés et actualisés à la sauce arrangée du jeu de l'écriture. Totale falsification mais parfaitement authentique.
Les gens fonctionnels font peur aux gens de légende car ils sont mus par des objectifs visibles à l'oeil nu, souvent répétitifs et simples. Ils passent d'un défi à l'autre, comme l'écureuil de branche en branche pour atteindre le sommet de l'arbre et aller cueillir la plus belle noix. Comme l'on saute soi-même de pierre en pierre pour traverser un torrent sans se mouiller les pieds.
L'organigramme-tempo d'un habitant d'une ville moderne - et c'est pour lui la principale motivation - est qu'il passe d'une activité à une autre le plus frénétiquement possible, du théâtre à une expo'photo dans le quartier, puis une "date" avec une douce au restau et pouvoir finir avec "un bon film à la maison".
Il y a les petits rochers du week end avec les enfants et les vacances kite-surf au Vanuatu ( petit clin d'oeil amical à cette île du Pacifique) du mois de mars qui font figure de dalle...tout ce bo programme pour traverser sans trop de dommage le torrent chaotique de la vie.
"On a eut du fun.!!!" comme on dit si souvent à Montréal pour justifier cette fuite en avant consumériste.
Mais bien vite, s'il n'est pas déjà trop tard, on se rends compte que, aprés avoir sauté comme cela d'aventures en aventures, on finit par arriver sur l'autre rive et là bas, de l'autre côté de soi, on réalise alors que tout est bel et bien finit.
Je crois que les gens fonctionnels me font peur car je suis un peu comme eux.
A la différence que traverser les torrents ne m'a jamais amusé... et je préfère de loin la pratique du canoé.
Se lever d'un coup, ne rien dire à personne et tout abandonner.
Sortir du rang et faire du canoë...oui mais pour aller où ?
Quitter son costume et sa cravate d'homme du monde pour troquer définitivement celui d'Indiana John's est l'utopie classique (mythe d'Ulysse) qui permet de prendre en compte le fait, que même embarqué sur le plus solide des canoë, le quotidien reste collé aux semelles de nos bottes de "marins d'eau douce"comme une malédiction. Dernièrement, j'ai visionner le fim "Into the Wild" de Sean Penn qui m'avait été chaudement recommandé par un ami de légende. L'histoire qui est relatée de ce jeune diplômé américain surdoué et résilient, qui confronté aux aléas de sa quête existentielle au sein de la pleine nature du grand nord et à sa propre mort, réalise une seconde à la fin que tout est finit ! Trop tard !
Oui mais...sans toutes ces études, ces expérimentations sur le torrent de la vie, pas de quête de sens.
Comment concilier ce besoin naturel de foutre le camp , d'être vraiment libre, de sortir du rang avec celui d'être dans le monde certes, mais souverain !
Comment assouvir le besoin de sortir d'un certain esclavage mental et dualiste aux conditions si archaïques et dépassées.
Au fond, j'aimerai bien retourner à cet age d'Or de l'innocence ou tout semblait possible.
Ou l'existence se pliait avec grâce à ma logique naïve enfantine.
A mes moments perdus et parfois difficiles, lorsque la vie ne me servait à rien, je la suspendait, tout bêtement.
Pour tout vous dire, le sorcier mexicain Yaqui Don Juan, heros principal des romans de Carlos Castaneda, m'apprenait au travers les lignes du livre, la maîtrise parfaite de l'art de rêver qui consistait en l'apprentissage de "stopper le monde". Ce ne fut pas qu' une perte de temps , car aujourd'hui j'ai mûri à la lumière de la sagesse de Don Juan, et je sais désormais qu'il faut tout dépenser sur le moment et vivre la spontanéité consciente de l'instant présent.
Je comprends maintenant que rien ne s'épargne, le temps moins que le reste, et que les roseaux poussent au milieu d'un jardin de rose.
Il n'y a pas de feu sans fumée !
Il n'a pas de proverbe sans anti-proverbe...etc.
Je sais plus trop de quel auteur viens cette idée que "le passé est la mémoire de l'avenir".
Tout ce que je sais aujourd'hui, c'est que "JE ME SOUVIENS" de l'objet de ma quête personnelle.
C'est un chemin sans chemin, le souhait de devenir un moyeu vide de la roue du monde.
Apprendre à regarder, à être à l'écoute et à transmettre..afin d'être en apprentis - sage de ce que je suis vraiment. Connais-toi, toi-même et tu connaitras...la suite au prochain épisode.
Coeurdoe.