Terre Grecque : Psychanalyse et anti-oedipe.

Publié le par Coeur d'OE

Afin de rassurer le"nouvel oedipe" et l'aider à éclore, les psychanalistes et sociologues semblent prouver qu'il est difficile (voir impossible) d'accéder à une connaissance pleine et entière de soi.
En effet notre conscience ne serait qu'une infime partie de notre "moi total" - autrement dit, l'homme est bien plus que la simple conscience qui semble à priori le diriger.
NB: Edgard Morin et la "pensée complexe".
Ces chercheurs de l'intérieur attestent d'un moi plus profond que notre moi-pensant et organisateur de pensée(mental). Ils sont unanimes sur la presence d'un inconscient formé de pensées refoulées par un "organe de censure" de notre conscience qui parfois et sous certaines conditions remontent à la surface.
Ces pensées refoulées peuvent se presenter sous forme de rêves, d'actes manqués, de lapsus, de névroses, psychoses ou paranoïa. Elles se traduisent par des "symptômes parfois dangereux pour la personne.

Autrement dit, pour Freud et sa Métapsychologie, ce n'est qu'au prix d'une prétention intenable que l'on peut exiger que tout ce qui se produit dans le domaine psychique doive aussi être connu de la conscience.
La conscience ne serait qu'un île minuscule perdue au milieu d'un immense océan de pulsions refoulées.
Les habitants de "l 'île de conscience" seraient de malheureux sauvages, toujours le ventre vide et assoiffés de sensations nouvelles, en même temps qu'effayés et attirés par l'étendue d'eau sans limites s'étalant autour de leur territoire. L'île de conscience est régulièrement submergée par les vagues de l'inconscient, causant des dégâts considérables.
Les plus consciencieux aimeraient découvrir le vaste monde, mais les misérables arbres aux branches tordues poussant sur le sol rocailleux de leur îlot ne peuvent suffire à la construction du navire de fort tonnage qui pourrait servir à leur expédition. De plus certains d'entre eux sont terrifiés par la mer de l'inconscience et par les créatures qui en habitent les profondeurs. Il existe sur l'île de la conscience des terres en friches, vierges et inexplorées par ses habitants, qui sont la métaphore des degrés dans l'échelle de la conscience.

Voici un texte qui a été découvert dans un livre "La sorcière de Portobello" de Paulo Coelho découvert dans une bibliothèque d'île de France, qui avait reçu ce livre comme plusieurs autres, d'un héritage suite au décès survenu à un jeune homme au carrefour des 4 chemins. La question de sa propre mort.
Il s'interroge sur son état intérieur et c'est tout...jamais nous ne connaîtrons la fin de cette histoire. Tout ce que l'on sait, est qu'il s'est suicidé à la suite.
Il a juste laissé un ROMAN dont ce texte semble être l'origine :
Voici donc ce texte :

 

"Suis-je fou ? Voilà deux jours que j'ai eut un malaise, un vertige si violent qu'il m'a plaqué au sol  et faillit me faire perdre connaissance en pleine rue. En fait cela ne seraitpas grave si en fait je n'avais pas eut cet effet secondaire qui devrait être une bénédiction mais que je vis comme une souffrance. En fait depuis ce malaise, je ne perçois plus les voix que j'entendait auparavant dans ma tête. Depuis tut petit j'entends des voix comme des prémonitions.

Très jeune les premonitions étaient plus fréquentes et plus fortes que les voix, mais avec l'age j'ai peu à peu perdu ces prémonition, de ces voix et parfois images que je vois et entends dès que je ferme les yeux."

A ce stade du récit, il se pose honnêtement la question dans le miroir de la conscience, à savoir comment il peut dès lors être perçu par son entourage et au- delà, il se demande: Suis-je fou ?
Suis-je une sorte de Saint machin-chose ou complètement schyzo. Et il poursuit :
"Il y a peu j'ai fait la découverte d'un livre sorti sous la collection livre de poche : La sorcière de Portobello.

Bien sur j'avais déjà lu, comme beaucoup de gens quelques uns des livres de Paulo Coelho, mais celui à m'a interpellé parce que cette femme, Athena est comme moi, elle a un don, un don qui devrait la faire passer pour une folle et moi-aussi toute ma vie, j'ai eut peur qu'on me prenne pour un fou ou pire pour un saint.

Je ne suis pas un saint ni un démon d'ailleurs, j'essaie simplement de vivre ma vie. 
J'ai toujours essayer de faire abstraction de ces prémonitions, de ces voix et images et j'y suis parfois arrivé mais elles ne se sont jamais arrêtées."

Témoignage troublant d'un jeune homme qui epprouve la perte de ces dons d'enfance et découvre à la place un néant, plus rien, que les ténèbres, lui-même tout seul et effrayé dans le silence de la nuit obscure.
Et il rajoute ceci :

"Je sais que je devrais être heureux d'être débarrassé de cette malédiction qui me poursuivait depuis toujours, mais au lieu de cela je souffre d'être enfin libéré de ces voix" et il poursuit "Athena, elle garde son don et le partage.
Moi, je le gardais pour moi, avec moi, sans jamais en parler."

"Quand les prémonitions sont passées plus ou moins à la trappe au profit de voix et d'images j'ai eut peur."
Peur que l'on me prenne pour un fou, un dingue et que l'on m'enferme, j'ai essayé d'oublier.
 Avec le temps je m'y suis habitué. parfois encore, quelques années plus tard, elles me faisaient peur mais souvent elles me rassuraient., je n'étais pas seul quand je fermais les yeux. Alors que dans la vie je devenais de plus en plus solitaire. Comment ne pas le devenir puisque qu'une grande part de moi devait être cachée aux autres y compris à ceux que j'aimais, surtout à eux, pour qu'il continuent de m'aimer.
Aujourd'hui le neurologue ne comprend pas mon désarroi, pour lui tout est normal, mais c'est vrai que je ne lui aie pas dis que je n'entendais plus les voix. Je lui ai seulement dit que j'avais cette impression bizarre, que mon crane était devenu trop petit, j'avais une impression de pression dans ma tête, j'avais une tension dans le visage, dans la nuque, dans les oreilles, dans les yeux, comme si mon cerveau gonflait en moi, comme si toutes ces visions ces voix s'entassaient dans mon esprit sans en sortir. Et bien sur les "vertiges" continuaient encore et encore comme les fourmillements aux mains et aux pieds."
Et le texte se termine ainsi : " Mes proches sont heureux pour moi que j'aille bien et ne cessent de me dire qu'un malaise vagale ça arrive sans qu'on sache pourquoi, mais je n'en ai que faire, je souffre juste de cette absence, de ce silence, de cette nuit en moi que je n'ai jamais connu et qui me fait peur.
Je sais pas pourq...."
S'achève içi cette lettre qui est à l'origine du roman laissé par le jeune homme.
On connaît la suite... C'est l'absence de compréhension qui l'a certainement amené au suicide.
L'absence de mots juxtaposés à des maux personnels et inconscients.

Il faut bien admettre que la plupart du temps, nous ne prenons pas la peine d'analyser tous les messages qui nous parviennent. Nous passons la plus grande partie de notre vie dans la pénombre de notre conscience (les Ténèbres) et nous ne prenons en compte que les sensations extérieures qui s'imposent directement à nous par nos sens..
Le drame de cet oedipe moderne, est qu'il est resté piégé à un niveau de compréhension sans savoir qu'en passant d'un degré de conscience à un autre, il aurait éprouvé, en un court instant, la sensation d'un homme qui, après des années passées dans un cachot de solitude obscur (cocon),  recouvre la liberté et contemple à nouveau la lumière du jour.
Pour accéder à la pleine conscience de nous-même et du monde extérieur, il faudrait donc réinvestir le terrain de notre entendement. (et non celui d'un Neurologue ou de son entourage). Ramener vers la conscience tout ce qui nous parvient ainsi que tout ce que nous avons en apparence oublié mais qui agit encore sur notre psychisme.

S. Freud nous parle de ce terrain de notre entendement : "La psychanalyse nous a appris à apprécier de plus en plus l'importance fondamentale du complexe d'oedipe et nous pouvons dire que ce qui sépare adversaires et partisans de la psychanalyse, c'est l'importance que ces derniers attachent à ce fait.."
Le dépassement du complexe d'oedipe par la réalisation du complexe de castration est la démonstration des limites de la métaphore paternelle.  De plus sortir de l'oedipe est problématique pour une femme et un accomplissement pour l'homme. D'où les divergences des psy à ce sujet et donc des cas de figure.

Sujet complexe.
Notre époque fournit une dramatique démonstration de ce que provoque la soumission à des concepts sans oser les remettre en question. Aussi, le premier devoir pour un chercheur de vérité est de douter jusqu'a ce que cela ne soit plus possible. Arriver à saturer le mental de questions jusqu'à ce qu'en nous-même se produise une prise de conscience. Le faux une fois constaté (anti-oedipe), le vrai est accessible. (nouvel oedipe).
La vérité est que je ne suis que l'acte de percevoir.
Nous sommes tous des perceveurs.
Inutile de se laisser entraîner dans une ronde de questions sans fin, trouvez-vous vous-même et tout se mettra en place de lui-même. Se demander ce que l'on peut savoir de soi est un enjeu considérable.
Notre relation à nous-même conditionne les relations que j'entretien avec le monde.
"Je" est le mieux placé pour parler de moi même si cette place est parfois inconfortable.
Tous les moyens semblent bons pour se connaître, c'est à dire pour choisir sa vie.

La marche vers la connaissance de soi est donc une marche vers la liberté, une démarche philosophique.
Cette question philosophique est l'apport de Terre Grecque aux "modernes" :
Quelles sont encore les possibilités de l'homme dans un monde où les déterminations extérieurs sont devenues si écrasantes que les mobiles intérieurs ne pèsent plus rien ?
Je n'ai pas eut connaissance du roman laissé par ce jeune homme juste avant son suicide, mais ce doit être un roman d'exploration de ce qu'est la vie humaine dans le piège qu'est devenu le monde. Toute sa vie est absorbée par la situation où il se trouve enfermé . Piège avons nous dit ?
A moins de changer de niveau de conscience. De perspective.

Un jour arrive où nous prenons conscience que nous sommes la conscience. (la conscience prend conscience quelle est conscience). Il s'agit alors de notre 1er contact avec ce que nous sommes vraiment. Une présence intégrale, un amour sans borne, le secret de la psyché est ouvert et on le ressent.
Cette ouverture temporelle ne peut pointer que vers la simple merveille d'être et seulement chercher à mettre en lumière la futilité de déployer tout effort en ce sens.
Parce que l'idée d'un libre arbitre et d'un choix individuel est considéré dès lors comme un rêve illusoire, il n'est aucun projet, aucune intention visant à aiderou à changerl'individualité. Elle ne pose plus le moindre problème.Seulement le CHOIX d'adopter une attitude positive ou négative, et toute la vie est question de ce choix là.
Lorsque vous éliminez le superflu, chaque situation vous donne le choix.
Que vous choisissiez d'être de bonne ou de mauvaise humeur, c'est à vous de choisir comment vous vivez votre vie...et pas les autres.
 Et le vivre intensément à 1OO% sous sa propre autorité est appelé liberté.

Malheureusement la connaissance de soi est chose ardue pour le jeune Oedipe et comme pour la plupart d'entre nous, il préfère de loin la voie de la facilité et de l'illusion, il crée comme nous tous l'autorité qui façonne sa vie et lui offre un modèle : ce peut être la société, l'état, le maître, le sauveur, le père.céleste...
L'autorité corrompt...Toute autorité quelqu'elle soit, empêche de voir, de penser lucidement.
Et comme la plupart d'entre nous trouvons la pensée lucide douloureuse, nous nous abandonnons à l'autorité...

Pourtant c'est notre propre vie, ce conflit apparemment sans issue qui est important et non le modèle ou le leader !
L'autorité du leader nous détourne du problème fondamental qui est le conflit à l'intérieur de nous-même.
Notre vie n'est qu'une succession d'échanges que nous faisons avec l'univers.
La vie cosmique rentre en nous et nous l'impregnons de nos propres émanations, puis nous la renvoyons.

Ce sont ces échanges ininterrompus qu'on appelle nutrition, respiration, amour...

Et l'instant où ces échanges se terminent s'appelle la mort.

Nous devons donc faire des échanges avec la Terre pour vivre dans le plan physique, des échanges avec l'eau pour vivre dans le plan astral du coeur,  des échanges avec l'air pour vivre dans le plan mental intellectuel.
Enfin, nous devons faire des échanges avec la chaleur et la lumière pour vivre dans l'âme et dans l'esprit.

Simplement vivre ! Tout le monde sait que le corps physique a besoin de nourriture pour subsister mais le coeur, l'intellect, l'âme et l'esprit ont aussi besoin de se nourrir.

C'est l' IGNORANCE de cette vérité qui fait perdre le sens de la vie à ce jeune romancier.
Il a oublié de vivre...sa propre légende personnelle et mission. Une mission qui a du coeur et qui permet de construire une vision solide en accord avec sa propre raison d'être, et à la source du complexe
.
" On ne devient pas illuminé en imaginant des personnages de lumière mais en rendant l'obscurité consciente."
                         C.G. Jung. 
 

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Publié dans Jeu d'OE.

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